mardi 14 avril 2015

Petite accalmie

Il semble que ce sera une journée de congé à la cabane... Enfin, c'est vite dit : il y a le ménage à faire, l'étiquetage des boîtes faites hier, la mise en caisse, la préparation des commandes, enlever le calcaire des pannes, le lavage des filtres, pour être prêts au cas où les érables se mettraient à couler.



Nous sommes producteurs acéricoles artisans depuis plus de trois décennies. Trois décennies à la merci des caprices de la nature. Cette année sera somme toute ordinaire. Bien ordinaire! À peine commencés (le 30 mars), les sucres tirent sur la fin. Et nous ferons tout juste nos commandes. Je stressais parce que le début tardait et que je craignais que nos clients réguliers nous délaissent suite à notre sabbatique de l'an dernier; je stressais pour ci, je stressais pour ça, pour tout et pour rien... Que de perte de temps et d'énergie...


Je crois que je n'ai aucun blindage, aucune carapace. Je suis (probablement depuis toujours) perméable au malheur et au bonheur des autres, je me fais toujours (trop) de soucis, j'ai peur d'oublier (un anniversaire, un rendez-vous), de passer droit (nos impôts ne sont toujours pas faits). Je gère mal le stress... Et l'âge ne m'est (malheureusement) d'aucun secours... Mon principal exutoire est l'écriture. Alors j'écris!



Mon amie Carole concrétisera sous peu son rêve de retourner vivre en Gaspésie. Bail signé, déménageur réservé... Elle en parlait depuis longtemps, mais là c'est vrai! OK, il y a skype et la route se rend jusque chez elle, mais elle va manquer aux petits déjeuners impromptus qu'elle organisait souvent (je réalise aujourd'hui que ce n'était pas assez!). J'accepte (à regret) sa décision! Face à l'urgence de vivre et de réaliser ses projets alors qu'on a la capacité de le faire, c'est elle qui a raison!

Tiens, je lui lance un défi : créer un blogue où elle nous parlera de sa Gaspésie! Et qu'elle s'ennuie de ses amies...

Mercredi dernier, je suis allée aux funérailles du fils aîné de mon amie Diane. Suicide à 37 ans. Un beau garçon (comme le nôtre). Je le connaissais à peine; Diane est si discrète. Mais son chagrin m'a traversée bord en bord. Impossible pour moi de ne pas envisager le même drame... Pour conserver une certaine sérénité, j'élude mon problème... Diane, elle, n'a pas le choix d'y faire face...

Mais la vie n'est pas que soucis, maladie, stress : il y a des grands bonheurs aussi!

Comme dimanche où nous avons eu le grand bonheur de recevoir à la cabane nos amis Karine et JF, ainsi que leurs trois enfants, nos petits (mais qui ont tellement grandi!) protégés des îles! Une journée parfaite! Des hot-dogs, des chips, et de la tire sur la neige! Beaucoup de tire! (Merci mon beau JF pour avoir immortalisé ces beaux moments!).


A mes côtés, la toute douce et belle Karine, Benjamin le digne représentant de Voile Libre, Gabriel qui aime les crottes au fromage, et la merveilleuse Raphaëlle folle de la Reine des neiges!


Et il ne faut pas oublier la visite de nos bons amis André et Ginette!


J'aime bien cet aspect du temps des sucres : nos amis et voisins qui arrêtent à la cabane nous saluer, quelquefois accompagnés d'amis ou de membres de leur famille à qui l'on explique les différentes étapes de la fabrication du sirop d'érable. Tellement enrichissant, tant pour eux que pour nous!


Bon, je dois descendre à la cabane. J'espère (en mon for intérieur...) que ça ne coule pas. J'ai besoin de repos, et de ramasser un peu dans la maison. Mais ça, ça peut attendre...  et vous connaissez sans doute mon talent pour la procrastination....


samedi 14 février 2015

Les contacts humains en hiver

Je ne vous apprends rien : il fait ben frette!  Moins 22 ce matin!  On a beau se dire qu'on a au moins goûté à la chaleur du sud cet hiver, la réalité hivernale canadienne et tous ses aléas nous font oublier le beau privilège que nous avons eu de passer trois mois au Texas.

L'eau est toujours gelée et le sera probablement jusqu'à la fin du printemps. On se douche avec l'eau du lac (préalablement passée par le chauffe-eau évidemment) et on va chercher notre eau potable à notre source au chemin (qu'on a dû dégeler elle aussi). On a une bonne réserve de bois de chauffage et nos poêles jettent une bonne chaleur dans la maison.  Et demain, je vais faire de la soupe aux pois pour mon homme (mon cadeau de St-Valentin avec une  journée de retard) parce que depuis notre retour, il travaille fort pour régler nos problèmes logistiques. C'est de l'amour ça! On reprend petit à petit notre vie à la campagne. J'ai retrouvé mon vieux lazyboy et Jacques, sa berçeuse. Bon, on fait plus de pas pour atteindre la salle de bains ou le frigo, monter à la chambre, mais on a ici le choix entre une chaise, le fauteuil, la berçeuse, la causeuse, le lit (dont on peut replacer les draps sans risquer de se faire une entorse lombaire)...

Parlant de reprise de notre rythme de vie, moi ce sont les précieuses rencontres avec mes amies et anciennes collègues de travail, que j'avais bien hâte de reprendre. Et comme le hasard (disons plutôt la fenêtre météorologique favorable) a voulu que nous revenions plus tôt, et qu'on soit en mesure de prendre une bonne douche, nous avons pu participer à ce déjeuner de St-Valentin entre amis organisé depuis quelques semaines.

Carole D et Carole G, Isabelle, moi
(avec la langue sortie, comme ma mère)
et Georges, le mari d'Isabelle (Jacques est derrière la caméra...)

J'aime notre belle complicité qui dure depuis plusieurs années. J'étais tellement heureuse de les retrouver. Certains n'ont pu être là, mais j'aurai bien la chance de les voir avant longtemps.  Ah! on aurait pu skyper cet hiver, mais rien ne remplace les vrais contacts humains. S'embrasser, se serrer fort, surtout après une longue absence...  Et en cette St-Valentin grise et glaciale, toute manifestation d'amour et d'amitié est la bienvenue et apporte une chaleur bien particulière.

Chérissez vos amies, vos amis. Avec l'âge, ils demeurent une source inestimable de bonheur!


Tant qu'à être dans le coin, nous sommes passés visiter ma mère, et passés par l'épicerie où, cette année encore, nous avons constaté qu'il en coûtait (très) cher s'alimenter au Québec. Mais ça, c'est un tout autre débat!

Et comme on ne peut pas toujours vivre d'amour et d'eau fraîche (du lac), on paie et on se la zippe!




mardi 10 février 2015

La bonne vieille mitaine!

Debouts à 05h00. Jacques avait installé une cloison pour contenir la chaleur de la fournaise près du lit (la banquette transformée en un spatieux lit trois quarts!), ce qui fait qu'on étaient toujours vivants au matin.  Le temps de faire pipi et go! La traversée de Toronto était fluide malgré le traffic important pour l'heure.

On est finalement arrivés chez nous à 14h30. Et l'eau était gelée....  Jacques a regardé une couple de solutions mais aucune ne fonctionnait et le soleil s'est finalement couché (lui!).  J'ai donc allumé les poêles et mis de la neige à fondre.  La neige, il y en a beaucoup : j'ouvre la porte et je prends ce qu'il faut!

Ce soir, on se lavera à la mitaine!  A côté du poêle!  Mais, demain, va falloir trouver une solution efficace.  On a besoin d'un minimum de confort.... Là, on tombe de fatigue, il fait froid et noir, et il y a une foule d'affaires à régler après une absence de trois mois.  En hiver de surcroît! Manana!